Depuis 2006, je poursuis un travail d’expression personnelle où j’expérimente les effets de la lumière sur le papier porcelaine (paperclay). J’ai réalisé une dizaine de lampes murales, formées d’une plaque de porcelaine à l’extrême finesse et d’une base en métal.

Pour ces appliques, je me suis réappropriée quelques classiques de l’histoire de la photographie avec un regard contemporain. D’après le cliché original, j’ai réinterprété l’image sous la forme d’un décor, sur les deux faces de la plaque céramique, en exploitant le fait que l’image se transforme selon que la lumière soit allumée ou éteinte.

Sur ma plaque de paperclay (mélange de porcelaine de Limoges et de fibres de papier), je reporte mon dessin avec l’aide de plusieurs pochoirs selon la valeur de gris correspondante, comme pour la technique de la sérigraphie. Je transpose alors les nuances de l’image en travaillant l’épaisseur de la porcelaine. Plus la couche est fine, plus la surface illuminée est claire et translucide. Plus la couche est dense, plus la zone est foncée. Je peux de la sorte reproduire une large gamme de valeurs, de la plus claire à la plus foncée. Ce travail s’inscrit dans la tradition de la lithophanie céramique.

Lorsque la lampe est éteinte (OFF), le décor se voit en bas-relief sur la surface extérieure de la plaque. Dès que la lampe est allumée (ON), la lumière diffusée en transparence dévoile l’intervention sur le verso de la plaque. Lors de l’exposition, le spectateur aura la possibilité d’allumer ou d’éteindre la lampe.